Quand la perchévérance paye

Comme à chaque reprise, je me retrouve devant ma feuille blanche à devoir dessiner en 2 dimensions un animal qui, lui, est en 3. Mes yeux ont vite perdu l’habitude, mes mains ne sont plus aussi à l’aise, les premiers traits sont laborieux et maladroits.
Je lutte, je rate, j’aime pas ça.

Mes courbes sont saccadées, mes angles déformés et mes proportions très approximatives. En plus je dessine au feutre, pas moyen d’effacer, chaque trait est définitif, noir sur la feuille immaculée, témoin d’une erreur que je ne tolère pas.
J’aime vraiment pas ça.

Je voudrais l’ignorer mais je peux pas, mon dessin, là, tel qu’il est, n’est pas bon, il faut refaire. Voilà bien 45min que je bosse dessus, si je prends une nouvelle feuille, il faudra tout recommencer, et peut-être encore rater. Est-ce que je vais décalquer ce que j’ai fini par obtenir d’assez juste pour ne pas perdre tout ce travail ?
Quand on décalque, le trait est différent,  il perd en vigueur, le geste premier de sa saisie est biaisé. C’est le dessin entier qui perd en qualité. Et puis, c’est la reprise, quitte à rater autant rester sur ce dessin et tenter de trouver le trait juste dessus, je ferai mieux une autre fois.

Alors je reprends, rectifie. Ce dessin est raté, et si je testais des choses, je n’ai rien à perdre. Je ne finis pas mes traits de contour et passe aux premières nuances d’ombres, ça donnera de la consistance. Les hachures me défoulent, des traits dans un sens, dans un autre, dans encore un autre… pas besoin de précision, ça fait du bien. Mes poignets s’assouplissent, mes yeux s’accoutument, mes doigts prennent en assurance et je reprends confiance.
En ajoutant un trait ici et là le dessin commence à prendre vie. Je tente quelques grisés au feutre fin et voilà qu’il est même pas mal du tout. Si je continue il pourrait être bien finalement.

Alors j’y vais, je varie les techniques, je m’amuse et, en prime, le résultat est au rendez-vous.

Les rares fois où je me suis poussée à continuer sur la même feuille un dessin à priori raté, j’ai été surprise de la qualité du rendu malgré les repentirs visibles.

Le mychtère s’épaissit

Poursuite du projet, j’avance par étape car c’est assez fastidieux. Ça me permet de m’amuser avec les résultats intermédiaires :

Un coquillage de papier :3 c’est fun.

Une sorte de vitrail, ces formes me font kiffer, je vais les garder un moment au cas où je trouve quoi en faire.

110 morceaux à découper… joie !

Et là ça fait des montagnes de cartoons.

Nouvelle disposition de mes 3 grands :